L’argent est-il encore un sujet tabou en France ? Les Français sont-ils suffisamment préparés à gérer leur budget et leur épargne ? À qui font-ils confiance pour investir leur argent ? Pour répondre à ces questions, l’Observatoire Corum l’Épargne 2026 analyse les habitudes, les préoccupations et les attentes des Français en matière de finances personnelles. Cette nouvelle édition met notamment en évidence une forte demande d’éducation financière, une inquiétude persistante concernant la retraite et une prudence toujours marquée face à l’investissement.
Présentation de l’étude
L’Observatoire Corum l’Épargne est une étude annuelle consacrée au rapport des Français à l’argent, à l’épargne et à l’investissement. Son objectif est de mieux comprendre les comportements financiers des particuliers, leurs préoccupations et leurs attentes face aux grands enjeux patrimoniaux.
L’édition 2026 s’intéresse plus particulièrement à plusieurs sujets d’actualité : les discussions autour de l’argent au sein des familles, l’éducation financière, la préparation de la retraite, les habitudes d’investissement ainsi que la confiance accordée aux différents acteurs du conseil financier, y compris les outils d’intelligence artificielle.
Les résultats reposent sur une enquête réalisée par OpinionWay pour Corum L’Épargne auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 Français âgés de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées en ligne entre le 2 et le 8 avril 2026 selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et taille d’agglomération). L’étude a été conduite conformément aux exigences de la norme ISO 20252, avec une marge d’incertitude comprise entre 1,4 et 3,1 points.
Parler d’argent devient plus naturel dans les familles
Longtemps considéré comme un sujet délicat, l’argent semble progressivement sortir du registre du tabou. L’étude révèle que 81 % des Français déclarent parler ouvertement d’argent ou connaître la situation financière de leur famille. Ce résultat traduit une évolution des mentalités, portée notamment par les jeunes générations.
Les moins de 35 ans apparaissent plus enclins à évoquer leurs revenus, leurs projets d’épargne ou leurs investissements avec leurs proches. À l’inverse, les générations plus âgées restent davantage marquées par une culture de la discrétion concernant les finances personnelles.
Le conjoint demeure le principal interlocuteur lorsqu’il est question d’argent, suivi des parents et des autres membres de la famille. Les échanges avec les amis existent également mais restent plus limités, tandis que très peu de répondants déclarent ne jamais parler d’argent avec leur entourage.
L’éducation financière est perçue comme un véritable enjeu de société
L’un des enseignements majeurs de cette édition concerne la place que pourrait prendre l’éducation financière dans le système scolaire. 82 % des Français estiment que l’école devrait apprendre aux élèves à gérer leur argent.
Les répondants considèrent que certaines connaissances devraient être acquises dès le plus jeune âge afin de mieux préparer les futurs adultes à leurs premières responsabilités financières. Ils citent notamment la gestion d’un budget, les mécanismes de l’épargne, les risques d’arnaques financières ou encore les bases de l’investissement.
Cette attente est particulièrement forte chez les jeunes adultes, qui sont confrontés très tôt à des décisions importantes : financement des études, premier logement, crédit ou constitution d’une première épargne.
L’étude montre également que les Français considèrent encore leur banque et leur famille comme les principales sources d’éducation financière. L’école, Internet et les médias apparaissent en retrait, ce qui explique sans doute les attentes exprimées envers les établissements scolaires.
La préparation de la retraite reste une préoccupation majeure
Le vieillissement de la population et les réformes successives du système de retraite alimentent les inquiétudes d’une grande partie des actifs. Selon l’étude, 66 % des personnes qui ne sont pas encore retraitées se disent préoccupées par leur future situation financière.
Cette inquiétude conduit de nombreux Français à considérer que l’épargne de long terme doit être mise en place le plus tôt possible. Plus de la moitié des répondants estiment qu’il faut commencer à préparer sa retraite dès les premières années de la vie professionnelle, tandis qu’une partie d’entre eux considère que cette démarche pourrait même débuter pendant les études.
Les conseils donnés aux jeunes générations vont dans le même sens. Les participants encouragent principalement à épargner régulièrement, à éviter les dépenses inutiles, à anticiper les imprévus et à préparer suffisamment tôt les projets de long terme.
Les Français privilégient toujours des placements sécurisés
Lorsqu’il s’agit d’investir leur argent, les Français restent fidèles à une approche prudente. 88 % déclarent privilégier des placements permettant de limiter les risques plutôt que de rechercher des rendements plus élevés.
Cette prudence influence directement le choix des interlocuteurs sollicités avant un investissement. Pour placer plusieurs milliers d’euros, les répondants font d’abord confiance à leur conseiller bancaire. Lorsque les montants deviennent plus importants, les conseillers en gestion de patrimoine gagnent en importance.
Les plateformes spécialisées, les comparateurs ou les contenus disponibles sur Internet sont principalement utilisés pour compléter les recherches, mais remplacent rarement l’accompagnement d’un professionnel.
Les jeunes générations et les catégories socioprofessionnelles supérieures apparaissent néanmoins un peu plus ouvertes à des solutions d’investissement innovantes ou entièrement numériques.
L’intelligence artificielle ne s’impose pas encore comme un conseiller financier
L’essor de l’intelligence artificielle transforme progressivement les usages numériques. Pourtant, cette évolution ne se traduit pas encore par une confiance massive lorsqu’il s’agit de prendre des décisions financières.
L’étude montre que 67 % des Français ne font pas confiance à l’intelligence artificielle ou ne l’utilisent pas pour obtenir des conseils financiers. Les répondants préfèrent largement s’appuyer sur les recommandations de leur banque, d’un conseiller patrimonial ou de leurs proches.
Les moins de 35 ans se montrent toutefois plus ouverts à ces nouveaux outils. Ils utilisent davantage les assistants conversationnels pour comprendre un produit d’épargne, comparer des solutions d’investissement ou préparer un rendez-vous avec un conseiller.
Ces résultats suggèrent que l’intelligence artificielle est aujourd’hui perçue comme un outil d’information complémentaire plutôt que comme un véritable substitut au conseil humain.
Que retenir de cette étude ?
L’Observatoire Corum l’Épargne 2026 met en évidence une évolution progressive du rapport des Français à leurs finances personnelles. Les discussions autour de l’argent sont de plus en plus ouvertes, les attentes en matière d’éducation financière sont particulièrement fortes et la préparation de la retraite constitue une préoccupation importante pour une majorité d’actifs.
Dans le même temps, les comportements d’investissement restent marqués par une recherche de sécurité. Les Français continuent de privilégier les conseils de professionnels et conservent une confiance limitée envers les nouvelles technologies lorsqu’il s’agit de gérer leur patrimoine. Ces résultats illustrent les défis qui restent à relever pour renforcer la culture financière des Français tout en accompagnant l’évolution des usages numériques dans le domaine de l’épargne.
